Profession de foi – Elections 2019

+Libres n’est pas un énième syndicat. Une philosophie singulière anime tous ceux qui ont participé à le faire vivre depuis sa création. Face à une Direction sous la coupe de notre actionnaire et trop souvent indifférente à la parole des salariés et de leurs représentants, nous revendiquons une solide volonté d’incarner un réel contre-pouvoir, replaçant les collaborateurs au centre de toutes les préoccupations.

En voici les fondations :

Une réelle ambition pour l’implication des salariés dans la vie du Groupe

Dans un Groupe en pleine crise d’identité, en l’absence de tout projet lisible et de stratégie claire, les salariés ont été les premières victimes de ces errances. Difficile pour la plupart d’entre nous de développer une pensée cohérente et objective sur la situation réelle de l’entreprise qui permette de trouver un motif de motivation pour venir travailler chaque matin.

 

Une approche pragmatique des sujets

A l’heure de toutes les simplifications, de tous les complots et de la pensée “prête à l’emploi”, une approche binaire de tous les sujets que nous avons traités, et de ceux, plus nombreux encore, qui nous attendent, pourrait s’avérer rassurante. Nous assumons pourtant le choix de la complexité, celle des idées mais aussi celle des êtres. Il faut étudier précisément les projets qui sont présentés devant les instances, en comprendre les avantages et les inconvénients. Quelles en seront les conséquences sociales et organisationnelles, les impacts business, à court, moyen et long terme ? Se forger une opinion prend du temps, parce qu’on a le droit de se tromper, de changer d’avis et que la construction d’un dialogue social riche est à ce prix. L’essentiel étant de ne jamais renoncer.

Dans un environnement sociétal et, pour ce qui nous concerne, télévisuel en pleine mutation, à l’heure de toutes les incertitudes en matière d’environnement, d’économie et de toutes les inquiétudes en matière d’emploi, il faut offrir aux salariés un autre horizon que celui d’une case partisane et dogmatique dans laquelle s’inscrire.

 

Le choix de l’humain

Pour porter cette ambition d’un syndicalisme pragmatique, libre et fier de ce qu’il est, nous avons fait le choix de candidats issus de toutes les entités du Groupe, de l’expérience et des parcours personnels comme préalable au débat, le choix d’un cercle vertueux où l’expérience des uns nourrit l’avis des autres.

 

Un Groupe malade de sa gouvernance.

Dans un Groupe où l’actionnaire décide de tout et est au cœur de toutes les décisions stratégiques, en totale contradiction avec les règles légales de gouvernance des sociétés, alors que les managers n’ont souvent pour seule alternative que de se soumettre, ou de se démettre, nous avons depuis plus de 3 ans laissé partir trop de nos talents, perdu trop de notre identité et de notre culture singulière. Il faut remettre les salariés au cœur du projet, savoir les écouter, savoir les convaincre, savoir les accompagner et conduire, avec eux, le changement, bref, rebâtir ensemble un nouveau projet que nous souhaitons aussi ambitieux que celui qui a présidé à la création de notre Groupe il y a 35 ans…

 

Une vision volontariste du dialogue social

Convaincus que Canal, s’il veut survivre, doit se réinventer, nous voulons que les salariés prennent une part active dans cette refondation.

Aussi ambitieux cet objectif puisse-t-il paraître, nous pensons que c’est sur un dialogue social riche et constructif que se cultivent les entreprises performantes.

C’est ce projet que +Libres porte depuis 2001 et nous souhaitons que vous soyez nombreux à continuer à le faire vivre et à le soutenir.

 

Poursuivre la route ensemble ?

Ce sont toutes ces raisons et cette vision partagée par beaucoup d’entre vous qui ont fait de +Libres le premier syndicat du Groupe Canal. Nous vous appelons donc non seulement à voter pour nos listes, mais aussi à nous rejoindre pour faire perdurer et enrichir cette vision singulière d’un syndicalisme collaboratif centré sur nos réalités, à la fois combatif et constructif.

C’est avec une résolue combativité que les représentants +Libres que vous élirez aborderont le mandat qui se présente.

 

Un plan social ?

Le premier dossier que nous aurons à traiter sera celui des conséquences sociales des errements stratégiques de ces dernières années, disons-le clairement, du plan social à venir. Quelle en sera l’ampleur, qui sera concerné ?

Sur ce sujet, comme toujours depuis 2001, vous pourrez compter sur notre détermination pour comprendre les enjeux et les motivations de cette réorganisation. Notre vigilance portera sur la cohérence entre le projet d’entreprise et les postes supprimés, dont la seule motivation ne devra pas être la baisse de la masse salariale. Bien sûr, nous veillerons particulièrement à l’accompagnement social des salariés. Habitués, malheureusement, aux restructurations qui ont ponctué l’histoire du Groupe ces dernières années, nous avons toujours été vigilants sur l’impact de ces réorganisations. Si accompagner les partants est essentiel, il ne faut pas non plus oublier ceux qui resteront et qui devront continuer à faire fonctionner les services. Comment ne pas être inquiet quand on sait qu’aujourd’hui certains services sont déjà exsangues et s’appuient sur des armées de stagiaires ? Notre crainte porte aussi sur la qualité de l’accompagnement social. +Libres juge qu’il ne serait pas acceptable que les indemnités de départ soient gérées différemment de ce que nous avons obtenu ces dernières années. Nous demanderons donc un engagement de la Direction sur ce point, en espérant que le tout puissant « Monsieur -20% » reste loin de tout ça… De plus, nous exigerons que le volontariat soit le premier critère de départ, la situation de l’entreprise permettant d’éviter le drame des départs contraints.

 

Les économies au détriment des conditions de travail ?

Comment un Groupe tel que le nôtre a-t-il pu mépriser à ce point ses salariés ? Dans un environnement plus imprégné par des modes de commandement hérités du 19eme siècle, alors qu’il nous faudrait des méthodes agiles de management pour relever les nombreux défis qui nous attendent, les élus +Libres portent inlassablement les valeurs de la co-construction. Il n’y a pas d’un côté les décideurs « sachants » et de l’autre, les exécutants.

Le refus d’un dialogue social constructif a prouvé toutes ses limites ces trois dernières années. Où étaient la gestion prévisionnelle des emplois et de compétences que nous réclamions ? Où se faisait l’accompagnement et la conduite du changement ? Les salariés et leurs représentants n’ont fait que subir des décisions à l’emporte-pièce au prétexte assumé « que le management à la terreur ne nuisait pas » ! Le dialogue social s’est trop souvent joué dans les tribunaux, où nous avons été contraints d’y défendre vos droits élémentaires, comme celui de toucher les 14 millions de l’intéressement.

Le résultat de cette idéologie rétrograde du mépris des salariés est aujourd’hui palpable dans la plupart des services : des managers sous pression qui transmettent ce stress à leurs équipes, une parole de nos dirigeants dévalorisée tant ils nous ont menti, une démotivation et un désengagement des équipes qui atteint des sommets.

En l’absence de vision stratégique claire, ce à quoi nous assistons c’est à une succession de plans d’économies aveugles qui, in fine, dégradent les conditions élémentaires de travail, d’hygiène et de sécurité, étouffent les énergies et les développements nécessaires et font fuir les talents dont nous aurions pourtant besoin. La aussi, replacer le respect des salariés au cœur de la stratégie constituera un de nos enjeux essentiels !

 

Vers un nouveau business model ?

Quelle stratégie pour le Groupe ?

Si la situation économique du Groupe s’est améliorée l’année dernière, elle reste fragile et nos résultats financiers dépendent trop fortement des plans d’économies qui se succèdent. Nous peinons à conquérir de nouveaux abonnés, surtout parmi les populations les plus jeunes. Nous avons besoin de nous réinventer mais la stratégie pour y parvenir reste floue et les défis qui nous attendent sont importants.

Quels métiers pour le pôle payant ?

Dans une année, nous ferons un saut dans l’inconnu avec la perte des droits sportifs de la Ligue 1. Comment allons-nous remplacer ce qui constitue aujourd’hui notre programme le plus puissant et le plus attractif ? Cette perte nous oblige à repenser notre modèle, l’offre de programmes comme la structure de notre offre commerciale et notre présence dans un marché de plus en plus digital et sans engagement.  Nos concurrents les plus importants d’aujourd’hui et de demain ont privilégié un modèle non linéaire basé sur des contenus puissants et rassembleurs ainsi qu’une exploitation mondiale et centralisée. Devrons-nous favoriser un des métiers qui constitue notre richesse : éditeur de programmes, agrégateur de contenus et de chaines, distributeur ? Quelles seront les conséquences à la fois pour les salariés et pour notre Groupe ? Comment ces évolutions seront anticipées et les collaborateurs accompagnés ?

Quel modèle pour le pôle gratuit, pour Studiocanal ?

Des pertes importantes, des investissements et des développements limités, une forte dépendance à un animateur-producteur pour C8, une concurrence plus nombreuse et une rédaction affaiblie pour CNews, un marché de la publicité à la télévision en baisse structurelle et où le renouvellement s’avère difficile : le pôle gratuit a besoin de trouver un nouveau souffle. Comment et par qui sera-t-il incarné ?

Pour Studiocanal également, le marché s’est durci avec une offre foisonnante, notamment de séries TV. Le Groupe veut limiter les risques financiers sur les nouveaux films et les nouvelles séries TV. Dès lors, les choix confirmeront-ils la volonté de voir l’entreprise devenir un acteur majeur, en particulier pour la fiction d’origine Européenne ?

 

Et vous dans tout ça ?

Notre plus gros enjeu c’est vous !

Notre mission est de vous accompagner et de vous soutenir. Nous défendons le dialogue social comme outil de performance, parce que nous avons la conviction que la maximisation des bénéfices au profit de l’actionnaire ne peut être le seul objectif de l’entreprise et que la recherche de la satisfaction des salariés fait partie des finalités sociales que Canal se doit d’intégrer.

Ces valeurs, nous les portons dans notre fonctionnement puisque chez + Libres ce sont les adhérents qui prennent la décision collégialement de la signature d’un accord ou non. Notre indépendance et notre autonomie reposent sur nos adhérents, tous salariés du Groupe. Notre fonctionnement se doit d’être démocratique et nous ne sommes que l’émanation des salariés avant d’être celle d’organisations extérieures. Nous travaillons dans l’ombre en plus de nos métiers pour faire notre maximum pour préserver vos intérêts. Nous avons l’expérience, l’envie et le sens du devoir nécessaire à cette tâche,

Vous avez toujours été et serez encore au cœur de nos préoccupations !

A bout de souffle ?

Le 21 décembre 2018, la Direction nous adressait des vœux plein d’enthousiasme en dressant le bilan de l’année écoulée. Un message qui a laissé perplexe un grand nombre d’entre nous car il ne reflète pas notre quotidien, quel que soit notre secteur d’activité dans le Groupe.

S’il est indéniable que la situation globale s’est améliorée par rapport aux années précédentes, nous sommes loin de la communication autosatisfaite de nos dirigeants et la seule perspective qui nous est offerte pour 2019 semble être une politique d’économies strictes, seule à même d’assurer, en termes d’affichage tout au moins, des résultats acceptables. La Direction nous avait pourtant assuré en juin dernier que le chantier de réduction des coûts fixes était terminé et que nous devions désormais retrouver le chemin de la croissance et de l’investissement. Après des années de manque de vision stratégique, de perte massive de clients et de dégradation d’image, nous restons sceptiques sur la reconquête annoncée de nos abonnés. Si la perte d’un million d’abonnés ces dernières années est liée à une concurrence accrue dans un marché en constante évolution et à une législation souvent trop défavorable, elle est surtout due à une image fortement dégradée par des « bad buzz » à répétition et des choix éditoriaux qui se sont trop souvent révélés être des échecs. En l’absence d’une vision stratégique claire et innovante, nous n’avons pas su préparer l’avenir et avons laissé le champ libre à nos concurrents.

La restructuration du Pôle Edition, accouchée au forceps après deux ans d’atermoiements, a non seulement ralenti l’activité, mais aussi fragilisé nombre de salariés, dont beaucoup attendent encore de savoir quel sera leur avenir, quand ils ne sont pas déjà partis. De plus, le départ de la responsable du Pôle marque, étude et stratégie éditoriale, alors qu’elle venait tout juste d’être promue, renforce le sentiment que certains intérêts personnels ont primé sur l’intérêt de l’entreprise. Cette décision qui reste inexpliquée et incompréhensible, jette le trouble au sein des équipes concernées et renoue avec un « climat de terreur » que l’on croyait passé.

Coté abonnements, le retour affiché de la croissance s’explique essentiellement par la structure de nos nouvelles offres commerciales. La migration de nos anciens abonnés Canalsat vers la nouvelle offre, qui inclue forcément Canal+ fait gonfler les chiffres de la chaine, mais que se passera-t-il lorsque cette réserve sera épuisée ? Si malgré l’augmentation significative des offres sans engagement nous avons réussi à maintenir le revenu moyen par abonné et que notre taux de désabonnement est proche des minima historiques, si nous n’arrivons pas à séduire de nouveaux prospects, particulièrement dans les nouvelles générations, nous devons nous attendre à voir nos revenus et notre résultat diminuer.

L’amélioration de nos résultats financiers n’est aujourd’hui portée que par les économies drastiques menées ces dernières années. Elles ne seront pas, elles non plus, extensibles à l’infini. Notre activité Pay TV reste donc fragile et la question est de savoir ce que sera le Groupe Canal de demain : un agrégateur, un distributeur ou un éditeur de programmes ? Si nous avons reconquis les droits de la Première League, nous avons surtout perdu pour la première fois de notre histoire l’ensemble des droits de la Ligue 1, ce qui nous met face à une situation inconnue dont nous mesurons mal aujourd’hui quelles seront les conséquences.

Le modèle reste à repenser, mais il est à craindre qu’il ne se fasse sans de lourdes conséquences sociales. Malgré le retard pris dans la politique de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, la Direction saura-t-elle anticiper ces bouleversements et accompagner, dignement, les salariés ?

Coté Pôle gratuit, les pertes restent importantes, surtout si on les compare au chiffre d’affaire de cette activité qui, rappelons-le, devait être au départ un relais de croissance pour le Groupe… La fin annoncée de l’investissement sur ces chaines ne peut que nous inquiéter. Le chiffre d’affaire est en baisse constante depuis 3 ans et, si la stratégie d’optimisation des coûts permet de réduire les pertes à court terme, que se passera-t-il après ? Si la chaine CStar affiche un fragile équilibre, il n’en n’est rien de C8, soumis à la dépendance d’un seul producteur, dont le contrat, hors des réalités du modèle économique de la chaine, a été négocié directement par notre actionnaire et pèse lourdement dans les comptes (250 millions d’euros sur 7 ans). Quant à CNews, désormais régulièrement dépassée par LCI, elle peine à retrouver sa dynamique d’avant crise avec une rédaction décimée qui tente de maintenir la tête hors de l’eau dans des conditions difficiles. Notre régie publicitaire, Canal+ Brand Solutions subit par contrecoup les mauvais résultats du pôle gratuit, tandis que la Canal Brand Factory n’est pas le relais de développement souhaité.

Malgré les beaux succès des films en salles en fin d’année dernière, Studiocanal ne décolle pas, avec un chiffre d’affaire qui augmente mais un résultat globalement faible, inférieur aux objectifs fixés.

Sur le terrain social, l’année 2018 a encore vu partir des salariés dans le cadre d’un plan social consécutif à l’arrêt d’émissions emblématiques qui ont marqué l’histoire du Groupe : « L’effet Papillon », « L’album de la semaine » et bien sûr « Les Guignols ». Plus généralement, ce sont les intermittents qui subissent depuis septembre les conséquences d’une politique de diminution de recours à l’intermittence qui réduit leur nombre de journées travaillées. Pire, et c’est une première dans l’histoire de l’audiovisuel, diminue leurs tarifs. Pour certains personnels, parmi les populations les plus précaires, les baisses atteignent 30% de leur rémunération ! Malgré les demandes insistantes de +Libres, tout cela s’est passé sans aucune concertation sociale, sous la pression de la direction des achats.

Et la NAO dans tout ça ?

Nous regrettons que le budget global d’augmentation des salaires, 1,9% (1,1% pour les revues salariales + 0,2% pour les avances sur échelon + 0,4% pour les métiers en tension + 0,2% pour réduire les écarts femmes-hommes), ne permette pas de récompenser les salariés de l’UES à la hauteur de leur investissement dans un contexte plus difficile et plus complexe que les années précédentes. Malgré cette déception, nous avons pris nos responsabilités et avons choisi de signer l’accord pour ne pas prendre le risque que la Direction revienne sur sa proposition initiale (1,5%).

Nous avons également demandé et obtenu que des discussions se tiennent prochainement pour régulariser des erreurs d’ancienneté de certains salariés, issus notamment de Direct 8, ainsi que pour préciser les conditions des conventions individuelles de forfait pour des salariés de la DTE.

Enfin nous sommes satisfaits qu’après nos discussions avec la Direction, le plafond de la prime « Macron » ait été relevé, permettant son attribution à un nombre plus important de salariés qu’envisagé au départ, même si nous regrettons que cette prime ne soit pas distribuée à un plus grand nombre, comme le permet la loi.

C’est donc dans cette ambiance morose que nous commençons l’année 2019. Si nous avons collectivement besoin d’entendre un discours positif et conquérant de la part de nos dirigeants, nous devons aussi être conscients des grandes difficultés qui nous attendent. Nous avons besoin de savoir si notre actionnaire nous soutient ou s’il nous regarde nous éteindre à petit feu…

L’avenir du Groupe passe quoi qu’il en soit par une remotivation et un respect des salariés. Cela induit d’instaurer de la liberté et de l’autonomie dans nos modes de management et de favoriser le courage managérial. Il faut retrouver notre énergie créatrice, cela passe inéluctablement par une profonde réforme de notre gouvernance.

Vous pouvez compter sur la vigilance et l’engagement de vos élus et représentants +Libres pour défendre vos intérêts !

2018, l’année de tous les dangers ?

Demain sera (enfin !) présenté en Comité d’Entreprise le projet de réorganisation de l’édition qui pourrait impacter la distribution. Nous vous tiendrons informés et ce point fera l’objet d’une communication ultérieure.

Les difficultés rencontrées par le Groupe, essentiellement dues aux errements et à l’absence de vision stratégique de nos dirigeants, impactent le moral des salariés et suscitent de nombreuses inquiétudes.

Après une année de blocage des salaires et une inflation remontée à 1.2%, l’accord de NAO proposé cette année par la Direction induit une perte de pouvoir d’achat pour tous. Il ne tient pas compte de l’engagement important et constant des équipes, de la complexité croissante de la vie dans l’entreprise, ni de la réduction des moyens, voire trop souvent, de leur disparition. Pourtant, ce sont bien les efforts consentis par l’ensemble des salariés qui contribuent à faire «tourner la machine».

Dans ce contexte morose, les premières projections pour l’accord d’intéressement laissent envisager une prime très nettement inférieure aux sommes perçues les années précédentes. D’une part parce que les objectifs fixés par la Direction étaient volontairement inatteignables et d’autre part parce que les résultats réels du groupe sont, malheureusement, en contradiction avec le discours ambiant qui se veut très positif.

La politique de restrictions budgétaires appliquée à l’ensemble du Groupe permet incontestablement de réduire les coûts mais dans un univers de plus en plus concurrentiel, l’absence d’investissements paralyse la relance de notre industrie.

Coté édition, les chaines thématiques voient leur budget fondre, les productions diminuer voire s’arrêter et les bandes annonces se raréfier dégradant les contenus des antennes. Ces derniers mois, avec la disparition des émissions emblématiques et identitaires de CANAL+, c’est tout un pan de la culture d’entreprise qui se retrouve niée. Les salariés ne se retrouvent plus dans une grille de programme déliquescente, qui fait plus parler d’elle par ses échecs ou ses outrances que par son imagination. L’avenir des Guignols, rares survivants d’une époque révolue, est désormais hypothéqué. Les équipes sont malmenées, et des dizaines d’emplois sont menacés. Il aura finalement fallu un peu plus de 2 ans à notre actionnaire pour transformer de l’or en plomb !

Plus d’un an après la crise d’iTELE, le bilan de cette restructuration ratée est lui aussi redoutable : la chaine d’info a divisé son audience par deux pendant qu’elle doublait ses pertes. De plus, comme nous le redoutions, la direction n’a pas respecté ses engagements de remplacer chaque journaliste parti. Comme pour l’accord d’intéressement, c’est la parole de la direction qui est remise en cause.

Ce groupe a besoin de retrouver la confiance en son avenir, doit permettre à ses multiples talents de s’exprimer et reconquérir sa liberté éditoriale. Ce n’est malheureusement pas l’interventionnisme exacerbé de notre actionnaire qui le permettra, comme l’a prouvé «l’affaire togolaise» aggravée par la diffusion en catimini d’un publi-reportage, qui a jeté, une fois de trop, le discrédit sur notre entreprise.

+Libres saisira d’ailleurs le comité d’éthique sur ce grave dysfonctionnement et l’interpellera sur notre indépendance vis-à-vis de notre actionnaire.

C’est dans ce climat que s’ouvre une année 2018 décisive pour notre avenir. Il est urgent que la Direction fixe un cap clair. Les actions menées jusqu’à présent ne nous ont malheureusement pas laissé entrevoir une avancée significative pour l’avenir du Groupe. Nous attendons toujours les moyens afférents aux objectifs à atteindre.

Nous considérons donc qu’il est grand temps d’associer les salariés et leur savoir-faire respectifs à la relance du Groupe, et non d’enchaîner les plans de licenciement coûteux et stratégiquement catastrophiques. Depuis septembre 2015, ce sont près de 100 millions d’Euros qui auront servis à licencier des salariés, pendant que ceux qui restent voient leur pouvoir d’achat reculer et leurs conditions de travail se dégrader.

Un signal fort d’une prise en compte de ce malaise profond, de ce divorce entre des salariés démotivés et une direction de plus en plus isolée sera la relance d’un dialogue social constructif et transparent, et non l’obstruction systématique de ces derniers mois. Les salariés et leurs représentants doivent être respectés. Nos différends doivent se régler dans un cadre apaisé et non plus devant les tribunaux. +Libres saura y participer activement, mais sans concession ni compromission. Espérons que la Direction saura nous entendre et vous considérer. Vous pouvez compter sur notre détermination, mais nous avons aussi besoin de votre soutien !

Intéressement : Le tribunal a donné raison aux salariés !

En condamnant Canal+ à payer aux salariés les sommes prévues dans le cadre de l’accord d’intéressement, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre vient de prendre une décision qui fera date.

La détermination des salariés, de leurs représentants a permis de nous rétablir dans nos droits. Il s’agit d’un signal fort envoyé à la Direction et, à travers elle, à notre actionnaire.

Dans un Groupe où de nombreux salariés déstabilisés cherchent un sens à la stratégie menée depuis près de deux ans, à l’heure où nous sommes en train de négocier un plan social dans les Centres de Relations Clients qui pourrait concerner près de 400 salariés, vos représentants resteront déterminés à restaurer un dialogue social sain, constructif et transparent.

Ce dialogue loyal doit quitter les tribunaux pour revenir devant les instances représentatives du personnel d’où il n’aurait jamais dû sortir.

Nous appelons donc la Direction à revenir à la raison, à renoncer à faire appel de la décision et à tenir enfin les promesses qui avaient été faites devant le Comité d’Entreprise en septembre 2015.

On ne redresse pas une entreprise sans y associer ses salariés, on est certain d’échouer si tout est fait contre eux.

Il est urgent d’impliquer les salariés et de les considérer !

Communiqué de Presse – Plan Social dans les CRC

Le syndicat +Libres, majoritaire à Canal+, a pris note ce matin de la volonté de la Direction de fermer le Centre de Relation Clients de Saint Denis et de flexibiliser l’organisation du travail du centre d’appel de Rennes, notamment les horaires de travail.

Confronté depuis de nombreux mois à une perte historique d’abonnés et à une forte dégradation de son image, Canal+ doit maintenant élaborer une stratégie claire de reconquête.

+Libres demande à la direction du Groupe de tenir les promesses d’investissement faites il y a près de deux ans par notre actionnaire.

La succession de plan d’économies améliore les résultats financiers à court terme mais obère l’avenir.

 

Comme pour iTELE il y a quelques mois, les licenciements cachent une absence de stratégie et les salariés ne peuvent constituer la seule variable d’ajustement.

Des centaines d’emplois sont en jeu et nous regrettons la brutalité de cette annonce. Dans un Groupe où les risques psychosociaux sont élevés, nous appelons la direction à la plus extrême vigilance face à la détresse des salariés.

+Libres sera vigilant et déterminé dans la défense des salariés et de l’entreprise et exigeant face à la Direction, dans les difficiles négociations à venir.

Participation, Intéressement le tribunal décidera !

En violation de toute règle morale et juridique, la direction a décidé de ne pas respecter l’accord d’intéressement qu’elle avait pourtant signé au mois de juin dernier !

La nouvelle règle de calcul, que nous contestons, a réduit considérablement, 6 fois moins, le montant qui versé à chacun.

Malgré nos tentatives de conciliation, la direction a persisté à ne pas respecter cet accord.

Vos syndicats ont donc été contraints de saisir unitairement la justice pour que tous les salariés soient rétablis dans leurs droits.

L’audience s’est tenue le mardi 2 mai à 14h au tribunal de Grande Instance de Nanterre.

La décision du tribunal sera rendue le 13 juin, nous vous tiendrons bien entendu informés !

Le bonneteau des BSO

Comme vous le savez sans doute, ce sont près de 500 cadres du Groupe qui perçoivent une part de rémunération variable sur forme de « Bonus sur Objectifs ».

 

Ces primes d’objectifs, strictement encadrées par la loi, ont un caractère contractuel qui engagent l’employeur à les verser aux salariés concernés dans les conditions prévues entre les parties et révisées chaque année.

A Canal, le BSO se décompose en trois parties liées aux résultats du Groupe, aux résultats de votre entité et enfin à vos objectifs individuels fixés en début d’année par votre manager.
Il s’avère que cette pour l’exercice 2016, non seulement la plupart des managers concernés ne se sont pas vu attribuer d’objectifs individuels, mais qu’en plus, les objectifs Groupe et entités n’ont pas été communiqués, voire tout simplement pas définis.

Tout cela aurait pu être sans conséquence si la Direction, consciente de ce manquement, avait appliqué la loi qui, à jurisprudence constante précise qu’en l’absence d’objectifs préalablement établis, chacun doit se voir attribuer l’intégralité de sa prime.

 

Or, une fois de plus, ce n’est ni l’éthique ni le droit qui ont prévalus, puisque la direction a décidé unilatéralement, comme confirmé lors d’un Comité d’Entreprise, de passer d’un système de rémunération variable fondé sur des critères d’évaluation précis et vérifiables à un système de primes discrétionnaires.

C’est ainsi qu’au titre de l’exercice 2016, seuls 60% du montant des primes ont été distribués, sans explication !

 

Compte-tenu du fait que ce dispositif relève du contrat de travail et non d’un accord collectif négocié par les syndicats, la contestation de ce dysfonctionnement ne pourra être qu’individuel.

 

Cependant, si vous êtes concernés et souhaitez être rétablis dans vos droits, nous vous invitons à nous contacter pour des conseils juridiques et envisager de regrouper nos actions.

Négociation Annuelle Obligatoire 2017 : Zéro % d’augmentation !

 

Le 12 Novembre 2015 à l’Olympia, de belles promesses :

« Cette maison CANAL est belle, inventive, et symbolise le développement de la culture française. Je suis prêt à mettre 2 milliards pour que CANAL se développe, je vais me battre mais je ne peux pas le faire seul, j’ai besoin de vous ».

Chaque pôle, chaque équipe, chaque salarié s’est pourtant investi à 200% !

Janvier 2017, des constats déplorables :

  • Mépris des salariés et de leurs représentants
  • Absence de dialogue social : la direction a été condamnée au tribunal pour des délits d’entrave commis dans toutes les instances
  • Absence de négociation de bonne foi
  • Destruction de valeur et de l’emploi
  • Une Enquête RPS (risques psychosociaux) très alarmante
  • Non-respect de la charte éthique
  • iTELE à terre, la plus longue grève de l’histoire de l’audiovisuel privé

En remerciement, la direction ne prévoit pas de budget pour les augmentations individuelles.

Le grand gâchis

C’est la mort dans l’âme et les yeux plein de larmes que les salariés d’iTELE ont repris le travail après 31 jours de grève. Pendant plus de 4 semaines, ils se sont battus pour l’indépendance, la déontologie et l’éthique. Des valeurs qui sont l’identité de notre Groupe.

Aucun salarié ne souhaitait partir, c’est quasiment la seule option que la direction a bien voulu négocier. Le résultat est un immense gâchis. Comment ne pas être alarmés et amers de voir partir des talents et une chaine en ruine après 17 ans d’existence ?

+Libres tient à faire part de sa profonde émotion après les difficiles semaines écoulées. La crise traversée à iTELE est une première dans le Groupe Canal+.

Après un tel traumatisme, nous sommes très inquiets des conditions de travail de ceux qui ont choisi de rester et de tous ceux qui collaborent avec eux au quotidien. Nous restons vigilants et attentifs et entendons utiliser tous les moyens dont nous disposons pour que soit respecté le droit et la dignité de chaque salarié de notre Groupe.

Depuis 15 mois, nous n’avons cessé de demander quel était le projet éditorial et stratégique de la Direction pour notre chaine d’information. Malgré les promesses et les grandes phrases, nous constatons qu’aujourd’hui, personne n’est en mesure de présenter un projet cohérent.

Et si la situation d’iTELE n’était que le miroir grossissant de la situation d’une grande partie du groupe ? Bien que les équipes de la distribution aient repensé entièrement l’offre au prix d’un effort intense et reconnu, la Direction peine à affirmer sa stratégie pour le groupe Canal+. De plus, les nouvelles organisations mises en place doivent être comprises et partagées avec les équipes.

Au niveau de Vivendi, la stratégie est également floue. Depuis 2015, Vivendi a beaucoup dépensé pour acquérir ou prendre des participations importantes : Dailymotion, Radionomy, Gameloft, Telecom Italia, Ubisoft. Mais les exemples concrets de synergies restent rares et la finalité de ces investissements incertaine. Si nous comprenons l’intérêt d’un rapprochement entre Vivendi et Havas pour l’actionnaire principal de ces deux groupes, nous restons très sceptiques sur la création de valeur pour Canal.

Il est temps de définir une ligne stratégique pour notre Groupe, il est essentiel d’en clarifier la gouvernance et d’y associer les salariés. Cela passe nécessairement par le rétablissement de la confiance avec les instances représentatives du personnel. Nous attendons sur ce point, un geste fort de la Direction, un engagement à respecter et à faire respecter le droit au sein du Groupe, à établir les conditions d’un dialogue social constructif et transparent.